MANI – Mitsui Aki no Interview

À l’occasion du 400è article de ManGamerZ (oui, déjà, et le 1er janvier, ça fera officiellement un an que MGZ est relancé), j’ai interviewé un auteur qui, je l’espère, sortira rapidement de l’ombre dans laquelle je trouve qu’il est encore car il a un bon coup de crayon, autant pour le dessin (c’est d’ailleurs l’un des siens qui est en image de Une) qu’en écriture. Je vous laisse le découvrir.
 
Akirato : Pour bien commencer, présente-toi. Qui es-tu, que fais-tu, etc.
 
Mitsui : Je suis Kagekiyo Akitoshi connu sous le nom de plume de Mitsui Aki et je suis auteur-illustrateur édité et éditeur chez Le livre et le chiffon. Et puis bon, un peu couteau suisse aussi puisque ça m’arrive de faire du craft divers et de la couture.
 
 
A : Pourquoi avoir choisi la voie de la littérature ?
 
M : J’ai choisi la littérature car j’ai toujours été attiré par les livres, déjà plus jeune je lisais beaucoup. C’est un domaine où je me sens pleinement à l’aise, ça améliore mon orthographe, mon vocabulaire, mais également des connaissances diverses et variées parce que je fais beaucoup de recherches sur tel ou tel sujet. Et ça me détend.
 
 
A : Et comment ça a commencé ? Quelle est ton expérience dans ce domaine ?
 
M : J’avais 7 ans, c’était par un après-midi où je lisais dans ma chambre, un livre pour enfant de feu Mitsu Yashima (décédée en 1988). Arrivé à un certain point dans ma lecture, je me suis dit que ça avait l’air cool d’inventer des histoires. Je le faisais déjà avec mes peluches et j’imaginais que mon chien était mon fidèle écuyer *rire* alors du coup, j’ai pris de quoi écrire et j’ai commencé à écrire. Bon, c’était quelque chose de très enfantin, j’avais appelé ça « Ulysse le chat qui fait pleuvoir » (Ulis, Ame no Neko pour le titre original) et c’était une petite histoire avec plein de chats, une licorne, des aigles qui parlent, bref, un truc bien haut perché ! Et comme ma famille a trouvé ça mignon et intéressant, j’ai continué. En grandissant et en lisant des livres plus sombres – Edgar Allan Poe, Stephen King, Dean Koontz, Edward Morgan Forster, Jonathan Swift, … – et très variés – Terry Pratchett, J. R. R. Tolkien, Douglas Adams, Haruki Murakami, Yukio Mishima, Michael Moorcock, Josh Bazell, Elian Black’mor, … – j’ai étoffé le genre et le style d’écriture. Mes histoires sont devenues peu à peu plus adulte. Puis j’ai fait une grosse pause où je n’ai rien écrit, quand j’ai repris, j’ai recommencé du départ. Sauf pour une de mes créations qui est une œuvre majeure dans mes travaux: Sakuretsu Story. Cela dit, si sa trame de base n’a pas changé, cet univers a beaucoup évolué.
 
 
A : Qu’est ce que qui a fait naître Sakuretsu Story ? Quel est le contexte de Sakuretsu Story ?
 
M : À la base, c’était un simple journal, j’y écrivais mes journées, mes ressentis, ce que j’aurais aimé, toutes ces choses. L’histoire était racontée par une sorte de double romancé. Un jour, une de mes camarades, qui avait lu au préalable des passages quand j’avais le dos tourné, voulait en savoir plus et m’accordait un certain talent pour l’écriture. On était une bande de sept gamins, ma camarade et moi avons expliqué l’idée (à vrai dire, j’étais très gêné parce que je ne voulais pas trop partager ce que j’écrivais) ce qui a abouti sur Sakuretsu Story. Tout ne s’est pas fait d’un coup, on a beaucoup travaillé dessus, parce que on tenait à garder quelque chose de cohérent malgré la complexité de l’univers.
 
Pour ce qui est du contexte de Sakuretsu Story, il s’agit des péripéties des Sakuretsu, des enfants nés sous un dieu-arbre à l’apparence d’un cerisier qui ne défolie jamais. Kagekiyo Akitoshi, un vieux dragon itinérant, va à la rencontre des Sakuretsu, pour diverses raisons. Il raconte donc leur histoire.
 
Pour les informations supplémentaires (garanties sans spoiler), eh bien les Sakuretsu sont des créatures de différentes espèces, ils sont juste un peu plus fort que les autres. Puis vient leur monde, Sakkakujigen avec les pays : Skaïa, Skallia et Orion. Tout ce monde est dirigé par une impératrice nommée « Sa Souveraineté Eminante Toko ». À savoir que chaque personnage à une sorte d’équivalent opposé, tout est choisi selon une logique bien précise et nous avons fait des notes pour chaque élément. Ah oui, c’est très important à savoir, mais Sakuretsu Story n’est pas une saga avec le tome 1, 2, 3, etc. En fait, chaque livre peut se lire indépendamment. Ils sont faits pour rester compréhensibles même avec certains éléments liés entre eux.
 
 
A : En fait, j’aimerais savoir. Ce côté atypique, un peu barré, on connaît bien Mitsui Aki. Mais qui es-tu derrière ce nom de plume ?
 
M : Derrière le nom de plume je suis quelqu’un de très sensible, je m’investis beaucoup dans tout ce que je fais, je suis quelqu’un qui refuse le pessimisme et toutes les choses négatives, et malgré mes humeurs très variées, je suis incapable d’en vouloir à quelqu’un. Dans mon quotidien, par exemple mon physique ne me facilite pas la vie. C’est encore pire que lorsque je revêts mon nom de plume, je ne suis pas crédible. Mais je suis incapable de m’énerver parce que je peux comprendre que mon physique par rapport à mon âge est déstabilisant. Et c’est pareil pour tout. Je suis quelqu’un de très introverti et un peu timide, je suis capable de m’excuser 50 fois dans une même journée ! x’)
 
J’aime beaucoup la logique, je pourrais passer une journée entière sur un Rubik’s Cube ou tout autre casse-tête ! J’aime solliciter ma tête, et je prends soin de ma mémoire.
 
De l’autre côté, je suis assez distant et je ne suis bavard uniquement quand je suis à mon aise, sinon je suis muet comme une tombe et ne parle qu’un strict minimum. Je reste dans une position la plus neutre possible, j’écoute et observe plus que je ne parle, et bien sûr, je suis un fanboy extrême de l’univers Touhou Project. D’ailleurs, les jeux vidéos sont, avec les livres et l’astronomie, mes péchés mignons. Et bien sûr, sans oublier le thé qui est ma consommation majeure (plus que l’eau plate).
 
 
A : Si ce n’est pas indiscret, comment aimes-tu travailler ?
 
M : En général je travaille avec un fond musical, plus précisément des OST ou de la « Touhou Music ». J’ai toujours une petite réserve de thé préparé ou du thé glacé près de moi. Pour les productions sur le papier, je travaille toujours sur une planche à feuilles. À l’écriture manuscrite, j’utilise une plume d’oiseau à embout métallique et je fabrique moi-même mes encres. J’utilise également plusieurs sets de pinceaux à calligraphie
 
J’ai gardé cette vieille habitude d’écrire à la main mes histoires, puis j’utilise Microsoft Word 2007. Récemment, j’ai trouvé un outil qui pouvait gérer mes impressions et mes reliures, avant ça, je faisais tout moi-même. Ça m’arrive encore.
 
Pour les illustrations traditionnelles, j’utilise beaucoup la mine bleue (sketch) la mine à plomb, des crayons graphiques de toutes sortes de tailles, des pastelles sèches pour les couleurs, j’utilise également du Posca blanc pour tout ce qui est reflets. J’adore faire les yeux des personnages, et j’aime me mettre au défi. J’adore m’attarder sur le détail et cherche l’amélioration constamment. Je pars du principe qu’on apprend toute notre vie, je refuse de rester sur mes acquis. Pour les illustrations numériques, j’utilise Gimp 2 et ma souris. Ça peut paraître impressionnant quand on ne connaît pas, et comme certains sont habitués à la tablette graphique, utiliser une simple souris paraît incroyable. Cela dit, quand on a compris comment fonctionne le vectoriel, c’est bien plus rapide que la tablette graphique. Et si c’est une question de rendu, je sais également avoir un rendu « painting » mais ce n’est pas ce que je veux. Je préfère ce rendu assez… dessin animé, car je suis resté sur la nostalgie des dessins animés tels que Martin Mystère, Chasseurs de Dragons, Monster Allergy, Code Lyoko… Et bien plus tard, à mes 19 ans, on m’a fait découvrir les mangas, je pense que mes camarades ont fait exprès de me donner en première lecture Black Jack, il fallait bien un sujet médical pour que j’accroche au genre. x’)
 
 
A : Qu’est ce qui t’a poussé à prendre un pseudonyme et faire tout un jeu d’acteur lorsque tu t’es professionnalisé ?
 
M : Lorsque j’ai voulu publier sur Internet mes premiers écrits, j’ai eu un gros blocage. J’ai eu beaucoup d’appréhensions et je suis resté bloqué un long moment. Et puis il y avait aussi la raison que la lecture de mon prénom et nom peut être difficile pour certaines personnes. Au début, j’ai donc pris différents pseudonymes d’un site à l’autre, puis quand je me suis professionnalisé, j’ai repensé à comment j’avais commencé à écrire. Je me suis souvenu du livre que je lisais à ce moment. Mitsui vient du prénom de Mitsu Yashima, comme une sorte d’hommage. Le prénom est donc un mélange de Mitsu et Mitsunari. Aki est le diminutif de Akitoshi.
Si je prenais un nom de plume, il me restait encore l’état d’esprit. Après ma pause de plusieurs années, j’ai décidé de ne plus parler autant de ma vie telle qu’elle est vraiment, je voulais garder un esprit assez rêveur et l’image de l’enfant car je ressemble à un enfant malgré mon âge avancé, mais j’ai également gardé mon âme d’enfant. Si on me laisse au milieu d’un tas de peluches, je vais m’amuser, pareil si je vois une balançoire, et ça me porte à croire que c’est grâce à cet état d’esprit qu’une bonne partie des enfants s’attachent beaucoup à moi. Cela dit, ça ne m’empêche pas d’être mature et responsable et même de penser comme un vieux. x’)
Devant d’autres, je ne cherche pas à être complètement sérieux, et en vérité je suis vraiment fier de mes cheveux en bordel. D’ailleurs, pour revenir sur ma crédibilité, je n’y accorde pas trop d’attention parce que de toute façon, en tant qu’auteur, je peux paraître totalement gamin, et je peux le faire même exprès.
 
 
A : Si tu avais une somme conséquente d’argent à retirer en ce moment, dans quoi la dépenserais-tu ?
 
M : Déjà je changerais mon matériel pour du neuf. Mon PC est clairement en fin de vie, mon imprimante a cramé, en plus c’est arrivé au pire moment, et mon casque a finalement lâché et ce pour je-ne-sais-quelle-raison. Je crois que la technologie me fuit. x’)
Avec ce qu’il reste de l’hypothétique somme, je m’achèterais probablement des nouveaux livres et des jeux vidéos qui me font très envie (par exemple « No Man’s Sky » parce que l’exploration sans limites, mais faut-il avoir encore du matériel de compét’ car un jeu procédural comme « No Man’s Sky » est juste un gouffre à ressources).
 
 
A : Si tu avais à engager une personne pour te soutenir dans ton travail, sur qui porterait ton choix ? Quelle(s) qualité(s) souhaites-tu qu’il ou elle possède ? Un Robin en tête pour travailler avec Batman ?
 
M : Je miserais tout d’abord sur la motivation, c’est toujours mieux de travailler avec quelqu’un qui est intéressé et qui a une vraie motivation pour s’atteler à la tâche. Et puis ce serait une personne qui connaît le domaine, pour être capable de me dire ce qui ne va pas, et j’aurais même tendance à choisir quelqu’un qui ne mâche pas ses mots et dis ce qu’il/elle pense. Comme je suis quelqu’un d’assez attentionné, j’aurais tendance à demander l’emploi du temps de la personne et à lui proposer le mien mais sans forcer. Car je ne veux pas une personne qui se sente obligé, forcé et que ce qu’il/elle aurait à faire est une contrainte. 
Le plus important, je pense, c’est de ne pas se prendre la tête mais de garder la qualité et que les deux côtés soient compréhensifs. Et bien sûr, hors de question de dégrader sa santé ou de travailler avec une mauvaise santé (physique ou morale) avec moi.
 
 
A : Avec quelle personne refuserais-tu de travailler ?
 
M : Quelqu’un qui n’est pas motivé, qui n’a pas envie et qui n’a aucune confiance. De même pour ceux/celles qui cherchent du profit, car malheureusement, c’est déjà arrivé qu’une personne a volé certains éléments de mes travaux, cette personne prenait directement l’original que je lui laissais et plutôt que de faire le travail demandé, elle le publiait sous son nom. Mais également quelqu’un qui n’est pas en bonne santé physique ou morale, car la santé est le plus important.
Ah ! Et j’ai tendance à refuser tout rachat que ce soit librairie ou éditeur, ce n’est pas un vrai refus, mais pour le moment, je ne trouve pas convenable à mes besoins et mes envies de travailler avec quelqu’un d’autre en ce qui concerne les librairies ou les éditeurs. Cela dit, ce n’est pas un refus définitif. Mais je pense qu’il est important de travailler selon ses besoins et ses envies.
 
 
A : À quel rythme travailles-tu ?
 
M : Ahem… J’essaye d’avoir une régularité correcte, cependant j’ai des gros soucis de concentration et j’ai le sommeil lourd, donc je peux dormir très longtemps. Même si j’équilibre mes heures d’éveil et de sommeil, du coup, je travaille des fois la nuit jusqu’au matin. Cependant, je fais un peu tous les jours, sauf que je ne montre pas tout. J’ai également des projets qui sont à long terme et que je construis déjà depuis plusieurs mois voire plusieurs années. Je prends du temps, mais j’ai tendance à me défaire de mon travail car mon attention est portée ailleurs.
J’écris en général 4 heures par jour et dessine 4 heures par jour, sauf si mes yeux ne sont pas coopératifs, je me limite à 2 heures de chaque. Quand je fais de la couture, comme c’est à la main, je le fais généralement quand j’ai envie de rester au lit et que je suis pas loin de dormir, la couture me détend. Pour les quelques crafts, c’est selon les envies.
Le truc c’est que j’informe ceux qui me suivent de mes problèmes de concentration de même que ma monophtalmie pose parfois problème et que plutôt d’être quantitatif, je préfère être qualitatif. Je ne sais pas forcément si tout le monde comprend, donc je me donne toujours au maximum jusqu’à épuiser toutes mes ressources. Cela dit, je prends parfois un peu de temps pour me promener, voir des gens, jouer ou simplement rester au chaud sous la couette. Et bien sûr, mon quotidien m’occupe parfois beaucoup, des rendez-vous un peu partout et des bonnes soirées avec des gens, le sport, bref, je me défais de l’ennui avec des journées chargées et des longues nuits de sommeil.
 
 
A : Y a-t-il certaines œuvres qui t’ont tellement marqué que tes œuvres transpirent un peu de ces œuvres connues ?
 
M : Dans mes œuvres, j’ai tendance à glisser pas mal de références diverses et variées. Mais le plus conséquent est sans aucun doute les univers Jeu de Rôle / Médiéval. Je fais exprès même, et je vais jusqu’à utiliser des termes propres au Jeu de Rôle. Autre œuvre qui m’a marqué c’est bien Touhou Project. Et ce, malgré moi, quand je m’en suis aperçu, j’ai donc écrit une histoire mélangeant Touhou et Sakuretsu Story. En fait, je ne m’en cache pas, parce que de toute façon, ça se voit. En revanche, le personnage d’Arthur Allan est un peu différent. À la base, il n’était pas prévu comme on le connaît maintenant, en fait il était même un personnage temporaire, je ne comptais rien en faire. Sauf qu’en fait je m’y suis attaché, et finalement il est resté et est devenu le septième « héros qui ne sauvera pas le monde ». Il est donc devenu un Sakuretsu. Dans sa refonte, je me suis largement inspiré du roman de Poe « Les aventures d’Arthur Gordon Pym de Nantucket » sans non plus totalement copier. Dans l’histoire d’Arthur, j’y ai fait quelques passages avec de courtes apparition de mon auteur favori ! Cependant, je ne cache pas que j’ai beaucoup hésité par crainte de salir le nom d’un auteur que j’apprécie et qui avait un véritable talent pour l’écriture. Ensuite, les gens peuvent trouver des références bien à eux, cela dit, les comparaisons ne me dérangent pas. De toute façon, l’originalité se trouve désormais dans la « griffe » de l’artiste, car forcément, une œuvre sera inspiré d’une autre même involontairement. Et c’est pour ça que beaucoup de grands auteurs conseillent de varier ses lectures quand on écrit soi-même.
 
 
A : Si tu en as déjà commises professionnellement parlant, de quelles erreurs as-tu le plus appris ?
 
M : J’ai beaucoup appris à avancer en gardant la tête haute et arrêter de me tourner vers le passé, avant j’avais tendance à être assez pessimiste, ce qui était une grave erreur car ce genre d’état d’esprit ne donne pas envie. J’ai eu le déclic à un moment, et ça a grandement reboosté ma qualité d’illustration. J’ai fini par arrêter de me comparer aux autres et de voir le bon dans mes œuvres. Cependant, même si je suis content de ce que je fais, je ne cherche pas à m’en contenter et en rester là. Parce qu’une autre de mes erreurs c’était d’être pire que borné et de ne pas écouter les conseils des autres même s’ils avaient raisons. Je suis devenu plus calme et plus patient, je n’hésite pas à prendre mon temps car on m’a fait remarquer que lorsque je prenais mon temps, je faisais un travail propre. Maintenant, j’essaye de régler une bonne fois pour toute mes problèmes de concentration.
 
 
A : Quelles qualifications penses-tu qu’il faille avoir pour effectuer le métier que tu exerces ?
 
M : Hum… C’est assez complexe parce que il faut à la fois avoir des qualifications mais aussi d’autres choses que tout le monde a de base mais qui n’est pas forcément développé au même niveau. Ce que je veux dire par là, c’est qu’au final pour écrire une histoire, il faut avant tout une bonne imagination, une âme d’enfant, de l’envie et de la passion. Le style d’écriture se fait au fur et à mesure du temps (« c’est en forgeant qu’on devient forgeron ! ») et pour ça, rien de tel que d’entretenir son imagination. Il ne faut pas douter et garder une certaine confiance en soit, sans non plus rester sur ses acquis car il y a toujours à apprendre. Après c’est surtout beaucoup d’apprentissage, de patience et de bons nerfs.
Dans mon cas, en tant qu’éditeur, j’ai dû apprendre la comptabilité, la gestion de stocks, gestion du budget, bref, beaucoup de chiffres. Après, tout ça est très chronophage, et donc il faut savoir garder l’esprit aéré. À trop se mettre la pression dans son travail, ce n’est pas du tout bon.
 
 
A : Quelle a été ta plus grande déception professionnelle ?
 
M : Du point de vue de l’édition, je suis encore un petit nouveau qui débarque seulement. Donc les gens commencent seulement à se familiariser avec ce que je fais. Cependant, et malheureusement, j’ai déjà eu des déceptions – et c’est d’ailleurs pour ça que j’ai renforcé au mieux mes nerfs. Ma plus grande déception actuelle c’est que j’ai démarré bien trop vite sans assurer mes arrières parce que j’ai fait l’erreur d’avoir un peu trop d’assurance. C’est un peu une erreur commune, on pense surtout à ses envies, à ce qu’on peut faire et proposer et au bon déroulement des choses. Sauf que ça ne se passe jamais comme prévu. Et j’ai failli tout abandonner. Ça m’a provoqué pas mal de stress, qui m’a provoqué un eczéma capillaire, ce qui a redoublé mon stress et j’ai fini par perdre du poids, mes cernes s’était creusées, j’avais vraiment sale mine. Cette déception m’a fait perdre autant des amis que des gens qui commençaient à s’intéresser à mes travaux. J’avais cette impression d’avoir un projet mort-né et ça, c’est ma plus grosse déception.
Heureusement, j’ai eu beaucoup de soutien, on m’a aidé, on m’a tiré vers le haut et finalement, j’ai laissé ce mauvais passage derrière moi.
 
 
A : Si tes romans devaient être adaptés pour les écrans, quel format préférerais-tu ? Épisode Anime ? Épisode Live-Action ? Films Anime ? Film Live-Action ?
 
M : Pour Sakuretsu Story, j’ai un faible pour un format Live-Action sur des épisodes d’environ 90 minutes. C’est un ressenti bien personnel où je me dis « voir ses personnages sur le papier prendre vie pourrait être sacrément cool ». Beaucoup de productions sont de bonnes qualité de nos jours, il y a de bonnes intégration 3D, on a une bonne fluidité même en cas de mouvements complexes, et les effets spéciaux peuvent être totalement géniaux. Je pense au dernier film que j’ai vu, Docteur Strange, certaines scènes sont hallucinantes, j’étais tellement pris dans le film que j’avais tendance à réagir comme le personnage ! x’)
Cela dit, comme je l’ai déjà dit, je suis un peu nostalgique des dessins animés, et c’est intriguant d’imaginer à quoi ça ressemblerait sous ce format, mais du coup en format bien plus court et très épisodique. Je crois que ce serait un bon compromis: une série et des OAV.
Pour les autres œuvres, du format film Live-Action serait bien. Cela dit, même si je ne suis pas fan des films en synthèse, c’est également intriguant de visualiser ce format, c’est encore un autre genre et, au même titre que les films avec des acteurs en chair et en os, certaines productions en image de synthèse sont très bonnes.
 
 
A : Puisque tu as parlé du dernier film du MCU en date, un petit classement personnel de tes films préférés du MCU ?
 
M : Euh, je n’en ai pas beaucoup regardé, en revanche j’ai de quoi faire un top :
 
  • Docteur Strange
  • Iron Man
 
 
A : Plutôt Microsoft ou Sony ? ;D
 
M : Sony ou Microsoft, peu importe, du moment que ça me plaît et que c’est du bon matériel, le reste je m’en fiche un peu.
 
 
A : Bejîta ou Uchiha Sasuke ? ;D
 
M : Comme je n’ai ni lu ni regardé Naruto, à part le premier épisode, je ne peux pas dire si je préfère Sasuke, je préfère juger quand je connais bien. C’est moins le cas avec Bejîta car j’ai vu en bonne partie DB et DBZ après, comme pour Sasuke, je préfère juger quand je connais bien. Donc j’en appelle à la sainte neutralité du vide ! X’)
 
 
A : Des dates souhaitées pour les sorties de tes travaux au grand jour ?
 
M : Pas particulièrement, car moi et le temps ça fait -999, si je ne regardais pas le calendrier avec le jour ainsi que l’heure, je serais incapable de savoir. Je me fie plus aux températures (quand il fait très froid, on est en hiver, quand il fait modéré, on est au printemps et en automne, et quand il fait bon car bien chaud, on est en été)
Mes productions sortent quand elles sortent, cela dit, je dis et rappelle souvent mes difficultés temporelles.
 
A : En tant que puriste du papier, pour ou contre les supports dématérialisés pour lire un roman ?
 
M : Rien ne vaut un roman papier. En fait, quand on achète un roman en librairie (ou tout autre livre d’ailleurs) il y a ce premier contact. On peut sentir la qualité du papier, détailler les couvertures, feuilleter le livre… Puis à la lecture, les mains sont en contact avec le papier. Ça a un certain côté stimulant, ce qui peut plonger facilement le lecteur dans l’univers du livre qu’il lit. On reste en contact avec quelque chose de physique tout en étant lâché dans l’inconnu. Certaines personnes se sentent plus à l’aise ainsi.
Cela dit, les supports dématérialisés sont complètement intégrés de nos jours. Ils permettent un gain de place, un transport très simple, et le livre numérique coûte moins cher, en plus de ça, la personne n’a pas de délais de livraison. Par contre, peu importe les avantages d’un support dématérialisé, je suis contre. Ceci dit, ça ne m’empêche pas de proposer un format numérique sur mes livres, car je reste compréhensif que des personnes préfèrent lire sur leur appareil dans les transports en commun en allant au travail. C’est une question d’adaptation à une époque qui va toujours plus loin dans la modernité, la facilité et la rapidité et donc l’utilisation de ce genre d’outils.
 
 
A : Une citation préférée ?
 
M :
« Un médecin se fait toujours payer, qu’il ait tué la maladie… ou le patient »
Je l’ai entendu de mon père qui avait tendance à être un peu comme Docteur House parfois (cela dit, sa priorité était la vie des patients et l’amélioration médicale)
 
 
A : « Chocolatine » ou « Pain au Chocolat » (pas à 0,15€, malheureusement :v ) ?
 
M : 42 ! En fait, je me suis jamais posé la question parce que pour moi, « chocolatine », « pain au chocolat » ou « croissant au chocolat », ça reste de la nourriture et donc un truc qui se mange, et donc on s’en fiche du nom.
 
A : Une dernière chose à ajouter ?
 
M :

A : Une dernière information dont nous aurions oublié de parler dans cette interview ?

M : Préciser que je suis nippo-polonais est-il important ? Et aussi que je suis un junkie théiste et un membre de l’association des fatigués naturels écharpeux du pays des Merveilles ? x’)

 

Vous pouvez retrouver Mitsui (oui, je préfère l’appeler par son pseudo que par son vrai prénom, mais c’est un truc entre lui et moi 😛 ) sur Fanfic FrDeviantart, Twitter et Facebook.

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